Cesano Borgo: étape N° 60 – Ma Via Francigena

Cesano Borgo sur la Via Francigena
Cesano Borgo sur la Via Francigena

Jeudi 31 octobre.
Soixantième jour : Rome est à 73 kilomètres.

8 h 15 je quitte Sutri, il fait doux et le ciel est majoritairement bleu avec quelques écharpes blanches de nuage. J’ai passé une bonne nuit, levé à 6 h 45 j’étais dehors à 7 h 15. En sortant de la chambre j’ai croisé les Français sur le palier et nous sommes partis ensemble prendre notre petit déjeuner dans un bar où nous avons évoqué l’arrivée à Rome qui semble délicate. Josette m’a signalé que la réserve naturelle de l’Insugherata que le guide, nous avons le même, propose de traverser entre La Storta et Rome, est fermée les samedis et dimanches. Merci pour la précision, n’étudiant en général un parcours en détail que sa veille je ne l’avais pas remarqué, cela risque encore de retarder mon arrivée. J’aviserai demain.

Sur la Via Francigena
Sur la Via Francigena

10 h 20, je viens de m’apercevoir que je me suis fourvoyé. Très content de moi, avançant d’un bon pas, j’ai senti tout à coup que quelque chose clochait, peut-être la position du soleil, je ne sais pas trop. J’ai consulté le GPS qui m’a confirmé que j’étais en train de repartir vers Sutri. Pourtant je suivais bien des marques de la Via Francigena. Probablement un ancien balisage que j’avais pris à rebours. Cela va me retarder d’une quarantaine de minutes ce qui n’arrange pas mon emploi du temps déjà bien chargé. Heureusement il fait très beau et il va sûrement faire chaud.
Alors que je repars dans le bon sens sur un large chemin de terre carrossable, une voiture s’arrête à mes côtés. Je crois d’abord qu’il va me signaler que je me suis trompé. Mais non, il me demande d’où je viens et comprenant que je suis français embraye dans ma langue et continue la conversation, « Est-ce que je voyage seul ? » « Depuis quand suis-je parti ? » et ainsi de suite puis, avant de repartir en me souhaitant « Bon voyage ! », me signale que je trouverai de l’eau à trois, quatre kilomètres. Une rencontre qui compense largement ce petit détour.

Sur la Via Francigena
Sur la Via Francigena

12 h 15 j’ai décidé de continuer vers Campagnano. Là-bas, en fonction de ma forme, de l’heure d’arrivée et des possibilités d’hébergement, je bifurquerai vers Cesano-Borgo. Cela semble plus court que l’itinéraire proposé par le guide, enfin, c’est sans compter mes « détours ». À Monterosi j’ai rempli mon sac avec des petites tartelettes ainsi que deux pommes, et mon ventre avec une pizza et un coca dans une cafeteria où la patronne m’a demandé gentiment si je voulais bien mettre un mot dans son Livre d’Or. J’ai évidemment accepté avec plaisir, cela rappelle des usages sur les Chemins de Compostelle et prouve que la Via Francigena prend de l’ampleur. D’ailleurs la similitude ne s’arrête pas là : à l’approche du but il y a de plus en plus d’eucalyptus. Je suis en forme, il faut dire qu’il n’y a pas beaucoup de côtes, cela aide. En avant.

Sur la Via Francigena
Sur la Via Francigena

16 heures, je quitte Campagnano, j’ai décidé de rejoindre Cesano-Borgo. D’après mon GPS c’est à moins de 10 kilomètres, je dois pouvoir y arriver avant la nuit noire. J’ai réservé une chambre à l’hôtel « Due Lune », les Deux Lunes, il est un peu à l’écart de Cesano-Borgo, mais, d’après le guide, il y aurait une possibilité de navette.

Autant dire tout de suite que tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Je suis arrivé à la nuit tombée à Cesano-Borgo d’où j’ai essayé de rejoindre l’hôtel par de petits chemins, mais il faisait trop sombre, ma frontale déjà faible n’allait pas tenir jusqu’au bout et j’allais m’égarer à nouveau. Puisque l’hôtel proposait une navette, inutile de jouer les puristes, autant en profiter. Je les ai donc appelés. Apparemment chez eux c’était le coup de feu et cela allait être difficile de dégager quelqu’un pour venir me chercher. Plaidant ma cause avec insistance, dramatisant un peu ma situation, pas d’autre hébergement, épuisement, la nuit… ils ont fini par céder et m’ont donné rendez-vous sur la place de l’église San Giovanni Battista, Saint Jean-Baptiste, que j’ai rejointe au plus vite. Une demi-heure plus tard une voiture est apparue. Si à pied mon GPS affichait une distance d’environ deux kilomètres, le trajet par la route semblait beaucoup plus long et plus complexe, empruntant même brièvement une route à quatre voies.

Cheminements, la série de livres (papier et ebook) relatant mes marches jusqu’à Compostelle : un cadeau à s’offrir ou à offrir, disponible ICI.

Campagnano sur la Via Francigena
Campagnano sur la Via Francigena

Sur place on m’a attribué un studio avec cuisine, salle de bain et lits faits. On aurait pu y loger à quatre. Le soir la salle à manger était bondée, ce qui expliquait les réticences à venir me chercher. J’y ai dégusté une immense pizza au milieu de familles, certaines avec bébés, et d’enfants qui couraient en tous sens, parfois déguisés en l’honneur d’Halloween. Demain ce sera la Toussaint et sans doute est-on ici comme en France en pleines vacances scolaires.

Une journée un peu longue et laborieuse, mais le but n’a jamais été aussi proche, aussi atteignable.


1729 kilomètres parcourus depuis chez moi dont 40 aujourd’hui.

Pour aller plus loin

Nota : En l’absence de site pertinent en français sur un sujet donné, je propose parfois des sites qui m’ont parus plus intéressants dans une autre langue, sachant que la plus part des navigateurs proposent des possibilités de traduction.

D’autres photos de cette étape