Santander

Santander

Sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, via turonensis puis Camino Norte

39e jour : Saint-Jacques-de-Compostelle est à 599 kilomètres
[Cliquer sur la carte pour l’agrandir]

Le père ErnestoDimanche 27 septembre, il est 9h, je quitte le refuge de Güemes. Levé depuis 6h30 comme tout le monde j’ai pris mon temps, j’ai profité du superbe petit-déjeuner et de l’ambiance paisible qui se dégage de ce lieu. On a papoté tous ensemble et discuté avec le père Ernesto qui est aussi chaleureux que sa réputation l’annonce. Il a sorti son appareil photo et nous nous sommes tous immortalisés les uns les autres. Depuis le temps il doit avoir une sacrée collection de pèlerins. Les « filles », c’est comme cela qu’entre nous, avec Christian, nous appelions les Françaises, m’ont demandé si on pouvait faire route ensemble. Pas de problème, bien au contraire, la compagnie est agréable et après l’étape d’hier un rythme un peu moins soutenu ne me fera pas de mal, du moins c’est que je pensais car elles démarrent comme des fusées, peut-être pour me prouver qu’elles aussi savent marcher !

Départ de Güemes

A 10h, au pied de l’église de Galizano nous rejoignons Martin ainsi que le couple de Français qui étaient partis un peu avant nous. Il fait très beau et nous optons tous pour la variante qui suit la côte. Me voilà dans un voyage de groupe ! Le rythme s’est calmé et nous profitons du décor : de belles falaises avec à leur pieds quelques pêcheurs et de grandes plages presque désertes. Un peu plus loin nous débouchons carrément sur le sable, face à Santander, Anne et Martin en profitent pour se baigner. Le marquage est quasiment absent, il faut se fier au descriptif des guides. Le mien est un peu obscur sur le sujet ; sa carte indique que la plage se prolonge par une sorte de péninsule et je n’ai pas envie de me laisser entraîner dans cette direction et d’allonger inutilement le trajet jusqu’au point d’embarquement vers Santander à Somo : avec Annick et Manuela nous décidons de couper par l’intérieur. Nous arrivons au bac vers 13h rejoints quelques minutes plus tard par Anne et Martin qui, eux, ont suivi la plage sans aucun problème. Je me suis inquiété pour rien.

Il fait toujours très beau : un temps de vacances. Quelquesfois quand je raconte mon Chemin certains s’étonnent que l’on puisse y prendre du bon temps, je sens que dans leur esprit on devrait en « baver » un maximum pour être à la hauteur du Chemin avec un énorme C gros comme un calvaire. Ce n’est pas mon avis, je trouve même qu’au contraire c’est un point que je devrais améliorer : emporté par mon désir d’avancer je ne sais pas assez profiter de l’instant, des instants offerts par le Chemin ; peut-être aurais-je dû me baigner.

Après une traversée d’environ une demi-heure nous arrivons vers 14 h à Santander. Je laisse ces dames devant l’Office de Tourisme où elles vont se renseigner pour leur retour, horaire des trains, etc. Pour elles c’est la fin du voyage de cette année. Je continue sur ma lancée à la recherche de l’auberge des pèlerins proche de la cathédrale. J’y arrive trop tôt, c’est fermé, j’en profite pour aller manger un petit quelque chose mais à cette heure et un dimanche dans ce quartier tout est fermé à l’exception de quelques cafés un peu chics et assez chers. Tant pis, j’ai faim.

Une fois installé à l’auberge et après une courte sieste je pars à la découverte de la ville. L’Office de Tourisme m’indique les principaux centres d’intérêt : la Cathédrale de la Asuncion, l’Ayuntamiento (l’Hôtel de ville) et les plages, bref pas grand chose, je m’attendais à mieux, peut-être suis-je tombé sur le stagiaire. J’arpente quand même le quartier autour de l’Ayuntamiento. Cela sent les affaires et l’administration avec beaucoup d’immeubles genre pièce montée et pas un chat pour cause de repos dominical. Je ne suis pas inspiré. Je me rabats sur la cathédrale dont Christian et en train de gravir les marches. Je l’appelle. Il arrive de Santonia, après un bref récit de nos aventures respectives nous entrons pour une visite très intéressante avec notamment la crypte et le cloître.

A l’auberge nous avons retrouvé Martin ; nous étions une dizaine de pèlerins dans un immense dortoir pouvant en accueillir une cinquantaine. Le soir nous nous sommes laissés tenter par le repas pèlerin proposé dans le bar qui gère le refuge. D’accord c’était bon marché, 8 euros, et tout près de l’auberge mais il n’y avait pas grand chose à manger ; dans une ville où tout a l’air cher nous en avons eu pour notre argent.

Demain Christian et moi allons reprendre la route ensemble, nous visons Santillana del Mar à 44 km mais les guides mentionnent un raccourci par la voie ferrée qui ferait gagner quelque 7 km ; il semble un peu hasardeux mais à Güemes ils nous ont affirmé qu’à condition d’être prudents il n’y aurait pas de problème. Nous aviserons sur place.

1216 kilomètres parcourus depuis Auffargis

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4 commentaires sur “Santander”

  1. malric robert

    hola
    salut Pierre

    comment va?
    c’est beau et bien vrai ce que tu dis. on ne profite jamais assez de l’instant des instants offert par le chemin………..

    a retenir pour moi a méditer et a se souvenir
    merci pierre

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  2. Pierson

    Camino
    Merci pour ce récit qui me plonge dans ce petit périple (irun-santander) que je vais faire dans quelques semaines.La magie du Camino est entrain d’opérer..

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