Sienne, sur la via Francigena

Sienne, 23 octobre
Il y a exactement un mois je vous écrivais de Lausanne, on ne peut pas dire que vous ayez été inondés de nouvelles!
Que de chemin parcouru depuis.
D’abord la Suisse où j’ai franchi le col du Grand Saint Bernard le 28 septembre pour entrer en Italie le lendemain sous une pluie qui, a part 4 ou 5 jours dont aujourd’ hui ne m’a pratiquement pas quité depuis.
J’ai toujours marché seul sauf parfois au départ d’une étape. La solitude ne m’a pas pesé d’ autant plus que j’ai souvent reçu des messages de soutien, que tous en soit remerciés.
Le profil des étapes est souvent très physique : forts dénivelés sur des chemins difficiles, étapes parfois longues en raison de la rareté des hébergements dans certaines régions et bien sur les pluies parfois torrentielles qui transforment routes et sentiers en ruisseaux ne font rien pour adoucir le voyage.


Le marquage n’est pas parfait mais est loin d’être la catastrophe annoncée.
J’allais oublier les nombreux trajets sur des routes parfois très passantes.
Des pèlerins : peu, disons une vingtaine. J’ai côtoyé avec plaisir un groupe composé de 3 français et 2 québécois pendant environ une semaine à partir de Aoste, puis un autre québécois de Pontremoli jusqu’à Lucque. C’est tout à part quelques rencontres ponctuelles sans lendemain.
Cela peut sembler négatif mais il y a ces quelques rencontres, les accueils la plus part du temps chaleureux, les paysages, les villes non pas visitées mais entrapercues comme aujourd’hui Sienne, magnifique avec son incroyable cathédrale. Et bien sur la marche, le voyage, le plaisir extraordinaire, sans doute inexplicable, d’ avancer jour après jour, de voir le chemin parcouru, le but qui s’approche. D’avoir fait tout ça rien qu’avec ses pieds, chacun à son rythme.
Pendant que de façon sans doute un peu puérile je luttais contre les intempéries, contre les dénivelés et contre mes états d’ âmes, Catherine se débattait dans un combat autrement plus sérieux. Elle nous a quittés. Nous nous connaissions depuis toujours et avions toujours plaisir à nous retrouver. Je lui dédie ce Chemin.
Il reste environ 300 km avant Rome.
À bientôt
Pierre Alglave

Pierre Alglave en route vers Rome

3 Replies to “Sienne, sur la via Francigena”

  1. Monique

    Félicitations Pierre pour tout ce chemin déjà parcouru. Sienne, nous y serons le 5 novembre mais en touriste, à 2 semaines près, nous aurions pu nous rencontrer.
    Nous revenons de huit petites étapes sur les chemins bretons où n’avons rencontré personne (ça change du camino frances).
    Nous vous souhaitons plein de belles choses pour les 300 km jusqu’à Rome et bon courage.
    Monique et Thierry

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  2. Anne

    Félicitations Pierre pour cette belle avancée sur un chemin, pour ce que j en connais, aussi ardu que beau.
    Que le souvenir de votre amie donne souffle à votre marche dans un accompagnement mutuel !
    Anne
    « … Et juste au moment où quelqu’ un dit à mes côtés : « Il est parti », voici que d autres le regardent venir et d autres voix s’ élèvent : « Le voici, il vient ».
    C’ est cela qu’ on appelle mourir ».
    William Blake

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