En remontant la Loire

Le tracé du GR3 entre Guérande et le Mont Gerbier de Jonc

Le tracé du GR3 entre Guérande et le Mont Gerbier de Jonc

Le 7 septembre je suis parti de La Baule pour remonter la Loire à pied jusqu’à sa source au Mont Gerbier de Jonc, soit entre 1 000 et 1 200 km selon les estimations. J’ai atteint le but le 20 octobre.

Outre l’attrait qu’avait déjà exercé sur moi ce grand fleuve lors de mon choix d’itinéraire vers Compostelle par le Camino Norte, je désirais cette fois ‘sortir des Chemins’, ceux de Compostelle, essayer de me passer de leur confortable infrastructure.

Pour cette aventure ligérienne, j’avais prévu de suivre le GR3, mais il n’a été en fait qu’un fil conducteur, l’ossature de mon parcours, l’abandonnant parfois pour les circuits cyclistes de « La Loire à Vélo », des détours dictés par ma curiosité ou imposés par la pénurie d’hébergement. Il y a même eu un petit bout du Chemin de Compostelle, la voie Bolène, peut-être par nostalgie… mais surtout parce que son tracé était plus court que celui du GR3. Comme le dit le poète « Marcheur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant » (« Caminante, no hay camino, se hace camino al andar », Antonio Machado).

La Loire est particulièrement discrète sur la fin du parcours, on la croise de temps à autre, on la surplombe à d’autres moments et à la fin elle sort d’un tuyau dans une ferme qui, parmi d’autres, prétend détenir la véritable source de la Loire. Mais dans cette histoire elle n’est en fait qu’un prétexte, le but à atteindre, une sorte de pèlerinage païen pour rendre hommage à cette divinité qui engendre la Loire, notre petit Nil à nous, avec lui aussi sa Vallée des Rois et ses crues à la fois dévastatrices et vivifiantes.

Au sujet de Compostelle il se dit « Le but ce n’est pas Saint-Jacques, le but c’est le chemin », certes, mais en ce qui me concerne je ne pourrais pas avancer sans but sur une longue durée, me dire par exemple « Je pars marcher pendant un mois », il me faut avancer vers quelque chose ou pour quelque chose, c’est le but qui me motive, qui me soutient même s’il n’est que symbolique, surtout dans ce genre de marche effectuée dans une totale solitude ; c’est le but atteint qui marque la fin de l’aventure.

Quarante trois jours de marche pour cette distance, au niveau sportif ce n’est pas ma meilleure prestation, mais comme cette fois je voulais prendre mon temps de ce point de vue c’est réussi. Il faut avouer que ce temps je l’ai parfois pris contre mon gré : poids de la tente, une ampoule tenace, la pluie (pas souvent mais vigoureuse), la neige (juste un peu, pour l’ambiance), rareté des hébergements…

Ce temps il m’a aussi permis de rencontrer ceux qui en route ont eu la gentillesse de m’accueillir, de me consacrer un peu de leur temps, pour rien, pour tout, pour le partage. Merci encore à tous ceux qui ont participé à cette aventure par un moyen ou un autre, en m’accueillant, en me transportant, en me contactant, en m’apportant leur aide à un moment ou à un autre, en souhaitant me rencontrer même quand ces rencontres n’ont pas pu avoir lieu.

Ci-dessous quelques photos en guise d’aperçu de la diversité des paysages et des ambiances traversés.

La liste des étapes de ce périple est sur la Liste des étapes.

2 Replies to “En remontant la Loire”

  1. martine et jacques durand

    Bonjour Pierre,
    Nous n’oublions pas notre pèlerin rencontré, fugitivement, un soir de Via de la Plata. Mais il n’oublie pas non plus tous ceux qui l’ont rencontré un jour puisque nous avons périodiquement les nouvelles « internet ».
    Merci pour ce dernier compte-rendu sur « notre » vallée, les photos jointes sont superbes, si la Loire est la vallée des rois, elle devient aussi le sanctuaire des photographes … enfin de ceux qui tirent la quintessence de leurs objectifs !
    Désolés de ne pas t’avoir « soutenu » lors de la traversée de notre Touraine (nous pouvions t’héberger en venant te chercher sur ton itinéraire), mais nous étions, nous, vers le 20 septembre, sur le Camino Portugues.
    Amitiés jacquaires,
    martine et jacques

    Répondre
    • Pierre ALGLAVE Auteur de l'article

      Bonjour à vous tout aussi fidèles dans vos souvenirs.
      C’est vrai que la Loire est belle, vous avez de la chance de la côtoyer de près.
      Amitiés
      Pierre

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *