Arca

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Du Puy-en-Velay au cap Finisterre : Via Turonensis puis Camino Frances

57e jour : Saint-Jacques-de-Compostelle est à 42 kilomètres
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Crucifix avec vierge au poignardMardi 21 octobre, Arzua, il pleut. J’attaque ma 9ème semaine.

Le récit de ma marche du Puy-en-Velay jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle a fait l'objet d'un livre, "Cheminements" que vous pouvez découvrir ICI.

J’avais prévu d’aller jusqu’à Monte do Gozo (à 38 km) pour être à pied d’œuvre le lendemain pour atteindre Santiago qui ne serait plus qu’à 5 km mais avec cette pluie la distance paraît trop importante. D’accord j’ai déjà fait une étape plus longue sous la flotte mais aujourd’hui il pleut vraiment abondamment et l’eau est très froide. Je ne vais pas me plaindre, ce matin dans le bar il y avait comme souvent la télé et à la météo ils indiquaient de la neige du côté d’O Cebreiro, je l’ai échappé belle, même si cela doit être très beau.

Au bout d’une demi-heure j’ai les chaussures qui ressemblent à deux bassines. A un carrefour un crucifix avec d’un côté le Christ et de l’autre la vierge Marie qui, je le remarque  pour la première fois, a un genre de poignard enfoncé dans le cœur : même si c’est symbolique je trouve cela macabre. Avec le nez dans le guidon pour offrir le moins de prise au vent et aux gouttes j’ai du manquer une indication car à ce croisement plus de flèches jaunes, j’hésite, revenir en arrière, allez à droite ou à gauche. Au loin une ferme, quelqu’un sort sous un parapluie et me fait de grands signes pour m’indiquer d’aller à gauche, je fais à mon tour un grand signe pour remercier et il (ou elle) rentre à l’abri, je continue désormais sur la bonne route mais toujours sous la pluie.

Par endroit le chemin est impraticable, transformé en ruisseau, je décide de rejoindre le bord de la grand-route qui est proche.

A Santa Irene arrêt dans un bar, la cape fait une marre autour de moi. Dessous je suis à peu près sec mis à part le tour de cou, les chaussures et les chaussettes mais je suis frigorifié. Un chocolat chaud et une tortilla arrivent à me redonner quelques calories. Le gîte du village n’ouvre qu’à 13h, autant essayer de continue un peu. Un couple d’Italiens affirme que Monte O Gozo n’est plus qu’à une heure de marche, d’après mon guide il resterait une vingtaine de kilomètres soit, par ce temps, 5 heures de marche. La tenancière du bar me donne raison. Ce n’est pas envisageable. L’auberge de Pedruso (près d’Arca) à 3 km a un argument convaincant : d’après le guide elle possède un sèche-linge qui pourrait être fort utile à mon unique paire de chaussettes. C’est là que je vais faire étape.

L’auberge est très moderne mais bien qu’il soit tôt il y a déjà un monde fou. Les radiateurs sont pris d’assaut notamment pour tenter de sécher les chaussures, pour le reste je me regroupe avec d’autres pèlerins pour partager les frais d’un sèche-linge. Il n’arrive pas totalement à bout des chaussettes mais mieux vaut qu’il ne les fasse pas fondre. Demain elles seront parfaites.

Tout le monde est coincé à l’intérieur et une fois finies les petites routines ménagères il faut trouver à s’occuper, certains dorment, moi je passe l’après-midi à visionner mes photos, c’est la première fois que je le fais.

En fin d’après midi la pluie se calme, le soir je peux aller manger à l’extérieur où je retrouve Daniel et le couple « de Saint-Jean ». Comme beaucoup ils ont évité la pluie en prenant un bus. Les autochtones pensent que demain il fera beau, je décide de partir tôt demain matin, il reste environ 20 km jusqu’à Saint-Jacques en partant vers 6h c’est jouable, je pourrais y être avant midi. Je mets mon réveil sur 5h30.

1530 kilomètres parcourus depuis le Puy-en-Velay

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