Lundi 28 septembre, 20h30 à Santillana del Mar où Christian et moi sommes arrivés un peu avant 17 h, une très belle ville qui attire énormément de touristes. Il fait nuit, doux mais humide, car si la ville ne tient pas la promesse lancée par son nom la mer n'est quand même pas très loin.
Une journée ... un peu difficile. Même en réduisant la distance de 44 à 34 km grâce à des raccourcis il faut bien l'avouer, j'ai ramé. Si le trajet s'est déroulé pratiquement entièrement sur goudron son profil n'était pas bien méchant mais il a fait chaud, très chaud, et surtout depuis Güemes j'ai attrapé un rhume qui m'empêche de respirer correctement et pompe toute mon énergie.
A Santander, le bar La Barruca qui gère le refuge, proposait un petit-déjeuner pèlerin pour 2 euros à partir de 7h. Avec quelques autres impatients nous y fûmes à l'heure dite mais il fallut attendre 7h30 dans le froid du petit matin pour que la porte s'ouvre. Décidément ce bar fut bien décevant.
C'est vers 11h après une interminable traversée de Santander et de sa banlieue que nous atteignîmes Boo de Pielagos. A défaut d'avoir trouvé ce bar où depuis un long moment déjà nous nous imaginions savourant un café accompagné de quelques pâtisseries, nous nous rabattîmes sur un « supermercado » dont nous dûmes attendre l'ouverture (il y a des jours comme ça !) avant de pouvoir consommer nos achats, du jus d'orange et quelques biscuits, assis par terre devant le magasin. Il nous fallait prendre quelques forces et un peu de repos pour apprécier en toute sérénité la dangerosité du raccourci qui nous était proposé : suivre le ballast de la voie ferrée puis le pont ferroviaire qui traverse le rio Pas pour éviter une boucle de 7 km par le pont routier plus en amont. Arrivés à proximité de la voie nous prîmes le pouls du trafic : peu de trains mais, comme cela, vus de près, ils paraissaient rouler vite, très vite ! A condition de ne pas s'attarder et de bien s'écarter des voies cela nous parût jouable. Le pont n'était même pas en vue, l'épreuve serait longue. Nous voilà donc sur le ballast surveillant l'horizon d'où pourrait débouler le danger. La marche s'y avéra pénible, les pieds roulant sur les cailloux et nous interdisant d'aller aussi vite que nous l'avions envisagé. Parfois pour maintenir une distance rassurante avec les rails, nous dûmes marcher sur le muret qui longeait la voie quand celle-ci surplombait les champs environnants : le genre de situation où je me sens parfaitement à l'aise ! Puis ce fût le pont précédé d'un panneau orné du signe « sens interdit » souligné par l'encourageant « Prohibido el paso ». Grosse hésitation : l'espace entre la voie et la structure du pont est très étroit et nous nous demandâmes ce qu'il nous en resterait lors du passage d'un train. Par référence à tous ces films d'aventure où le héros lui n'hésite pas, nous projetâmes de nous jeter à plat ventre en cas de croisement avec le monstre. Rien à l'horizon, adrénaline et inconscience coulant à flot nous nous engageâmes puis franchîmes l'obstacle au pas de course. Aucun train. Je ne suis pas sûr de le regretter.
Ensuite nous empruntâmes à nouveau un raccourci d'environ 3 km, celui-ci sans péril, évitant simplement la traversée de quelques petits villages sans doute ravissants mais je commençai déjà à peiner.
Puis ce fut la région industrielle de Barreda où, noyée au milieu des usines, une petite gare se donnait des allures d'accessoire pour train miniature. En route des panneaux signalaient la proximité des grottes d'Altamira que je n'avais jamais visitées ; ce ne serait pas non plus pour cette fois.
A l'arrivée sur Santillana del Mar un gros bâtiment crénelé signalait que nous n'arrivions pas n'importe où. Déboucher face à la collégiale, passer pratiquement sans transition de la campagne paisible et déserte à cette cité médiévale, véritable décor de cinéma, fut un éblouissement, une récompense malgré la présence de nombreux touristes.
Pour nous immerger encore un peu plus dans l'ambiance, le refuge se trouve sur cette même place, dans l'enceinte du musée Jesus Otero dont il faut traverser le jardin puis les salles d'exposition pour trouver la personne responsable de l'accueil. Cette auberge n'est pas très grande et l'équipement est sommaire mais on peut s'attabler dehors et tout y est paisible.
A notre grande surprise ce soir Norbert nous a rejoint. Il avait fait étape à Güemes alors que Christian continuait sur Santander ; aujourd'hui il a marché jusqu'à Santander où il a pris le bus : toujours cette tendinite qui le martyrise, il ménage sa cheville. Il y a aussi une jeune femme d'Argentine dont je n'ai pas bien compris le nom et avec qui Norbert a déjà fait un bout de Chemin ; elle a l'air un peu sauvage, sur la réserve ; elle s'est enfermée dans l'un des deux dortoirs qui du fait même est devenu celui des dames. Martin est également ici.
Donc, il est 20h30, les restaurants s'ouvrent, il est temps d'aller manger, je vais secouer Christian qui roupille.



Commentaire #1 du : Thu 02 December 2010, 10:13:23
Commentaire #2 du : Thu 02 December 2010, 14:06:29
Commentaire #3 du : Sat 11 December 2010, 09:07:53
Commentaire #4 du : Sat 11 December 2010, 09:26:18
Commentaire #5 du : Mon 17 January 2011, 09:23:34
Commentaire #6 du : Mon 17 January 2011, 10:41:33
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